| Avril, et c’est le point du jour. Tes blondes soeurs qui te ressemblent, En ce moment, toutes ensembles S’avancent vers toi, cher Amour.
Tu te tiens dans un clos ombreux De myrte et d’aubépine blanche; La porte s’ouvre entre les branches; Le chemin est mystérieux. Elles, lentes, en longues robes, Une à une, main dans la main, Franchissent le seuil indistinct Où de la nuit devient de l’aube. Celle qui s’approche d’abord, Regarde l’ombre, te découvre, Crie, et la fleur de ses yeux s’ouvre Splendide dans un rire d’or. Et, jusqu’à la dernière soeur Toutes tremblent, tes lèvres touchent Leurs lèvres, l’éclair de ta bouche Eclate jusque dans leur coeur. Charles Van Lerberghe | | April, and it's the break of day. Your blonde sisters who resemble you At this moment are all together Walking towards you, dear Love.
You wait in a shaded enclosure Of myrtle and white hawthorn. The door opens between the branches. The pathway is mysterious. [The sisters], slowly, in long dresses, One by one, hand in hand, Cross the blurred threshold Where night becomes dawn. The one who approaches first Looks in the shadows, finds you, Cries out, and the flower of her eyes opens, Splendid in golden laughter. And, right up to the last sister, Each one trembles [as] your lips touch Their lips, [and] the lightning of your mouth Explodes right to their very heart. | | |